Lisa et David sont en lice pour devenir directeur de Kérima. Un mois, c’est le temps qui leur est imparti pour faire leurs preuves. Alors que David partait perdant, un étrange événement vient changer la donne. Il peut à présent « lire en Lisa ». Il choisit d’utiliser ce pouvoir à mauvais escient mais bien vite, il perd le contrôle de la situation. Ne serait-il pas déjà en train de changer ?
Prologue
Lisa était une jeune fille âgée de vingt quatre ans, elle habitait à Göberitz chez ses parents, en banlieue. Elle n'était pas vraiment laide, mais elle n'avait rien à voir avec les jeunes filles de son âge. Elle ne savait pas s'habiller et ça ne l'intéressait pas vraiment.
Elle avait des cheveux indomptables et d'un blond délavé et elle portait depuis déjà plusieurs années les mêmes lunettes violettes à triples foyers cachant la moitié de ses yeux bleus océans. Une rivière de bagues argentées parcourait sa dentition depuis trois longues années.
Son corps était loin de lui convenir, mais elle ne trouvait aucun intérêt au sport. Elle savait parfaitement prendre soin de son entourage et même d'inconnus, mais absolument pas d'elle. Quant à ses vêtements, ils étaient bien trop ringards comme s'ils venaient d'une époque lointaine, ils faisaient ressortir les imperfections de sa silhouette.
Lisa avait étudié dans une école de commerce. Elle avait à son actif un master en finance comptabilité et marketing, elle avait fait plusieurs stages dans différentes entreprises. Ensuite la jeune femme avait travaillé pour un temps dans une entreprise où elle devait gérer les livraisons, les commandes et les stocks.
C'est sûr, Lisa n'avait jamais été populaire au temps de l'école, mais elle pouvait toujours compter sur son meilleur ami Julien Decker. Elle avait toujours fait la fierté de ses parents du genre « protecteur ».
David Seidel, jeune homme ténébreux et séduisant âgée de vingt-sept ans, était immergé dans le milieu de la mode depuis sa plus tendre enfance. Il en maitrisait tous les codes et les attitudes... En apparence, sûr de lui et arrogant, il cachait en réalité un petit garçon sensible au fond de lui. Il était grand, les cheveux d'un brun ébène, le regard noir et profond. Afin de reprendre l'entreprise familiale fondée par son père et Claude Von Brahmberg, il avait suivi des cours dans une école privée et réputée d'Allemagne.
Pour comprendre David Seidel, il fallait connaitre Frédéric Seidel. C'était un homme exigeant et intransigeant. Ce qu'il attendait de David, était « l'excellence ». Mais celui-ci ne semblait pas disposé à le satisfaire, son propre père n'avait pas confiance en lui. D'un côté, il fallait le comprendre, David collectionnait les conquêtes depuis son adolescence bien qu'il soit fiancé avec la ravissante Mariella Von Brahmberg et s'affichait à l'occasion de soirées mondaines comme un vulgaire coureur.
Aujourd'hui s'annonçait d'être une journée cruciale… " Je vais enfin pouvoir insuffler un vent nouveau chez Kérima. " (David) " Le grand jour est enfin arrivé. " (Lisa)
" Je vais montrer ce dont je suis capable et évincer Richard. Pour ça, je mettrais toutes les chances de mon coté. " (David) " Oh… je stresse, calme toi Lisa ! Souffle, pense à ce que Julien t’a dit, oui, il a raison, tu en es capable… Mais pourquoi je parle de moi à la troisième personne ?! " (Lisa)
Chapitre 1 :
Le conseil allait commencer d'une minute à l'autre pour élire le futur directeur de Kérima. Lisa était déjà arrivée depuis au moins une heure, Tous les membres du conseil entraient au compte gouttes, ils semblaient parfaitement savoir ce qu’ils faisaient. Lisa, elle se demandait ce qu’elle pouvait bien faire parmi tout ce beau monde ! David comme à son habitude se présenta à la dernière minute, au grand désespoir de son père qui s'imaginait déjà les activités sportives… de sa matinée. L'arrivée de cet homme attira l'attention que Lisa portait à ses dossiers soigneusement préparé depuis des semaines. Elle ne lui trouva rien en commun avec les autres personnes de l'assistance, si ce n'est un goût vestimentaire sûr.
A peine sorti de l'ascenseur, David se retrouva face à celui qu'il avait pourtant tenté d'éviter toute la matinée. Son père le prit à part et commença son sermon. Il le réprimandait comme il aurait pu le faire avec un gamin de huit ans.
Frédéric : Qu'est-ce que tu fais David ?! Tu es trop insouciant, cette réunion c'est pour toi, pour ton avenir !
David : Mais je suis à l'heure !
Frédéric : Oui, juste à l'heure, mais vu l'importance de ta situation, tu devrais être le premier présent.
David : Papa, je fais ce que je peux ! Il y avait de la circulation, j'n'allais pas rouler sur les autres voitures pour être à l'heure quand même !
Frédéric : Ne prend pas cet air suffisant David... J'attends de toi beaucoup plus que ça ! Gérer une entreprise nécessite du sérieux et de la discipline, je me demande si tu pourras vraiment me succéder.
David : Tu ne me feras donc jamais confiance, je me sens prêt et je le suis, pour diriger notre entreprise, j'attends ce jour depuis tellement longtemps !
Frédéric : Il ne s'agit pas que de toi et de ta confiance en toi, l’enjeu c'est notre entreprise et les gens qui y travaillent, tu dois les respecter. N'oublie jamais que tu as des obligations envers Kérima, le conseil et les salariés.
David n'écoutait plus depuis longtemps le monologue de son père. Cette rengaine, il l'avait trop souvent entendu, il savait qu'il n'aurait pas le droit à l'erreur... Il y avait trop en jeu. Le patriarche, Frédéric Seidel convia tous les membres à se réunir autour de la grande table ovale qui trônait dans la salle de réunion.
" Les clefs du royaume sont à moi ! Où faut-il que je signe ? " (David)
" Comment vais-je réussir à parler devant tout ce monde, bon, mon dossier est prêt et je le connais sur le bout des doigts, je ne devrai pas avoir de souci. " (Lisa)
" Le stylo, le contrat, et David Seidel PDG de Kérima Moda, il faut que je me fasse faire des cartes de visites, ça sera super pour séduire les filles ! " (David)
" Je peux peut-être déjà penser à chercher un autre travail ! Ou alors, penser avant tout à prendre enfin confiance en moi, c'est ce que Julien ne cesse de me répéter ! Plus facile à dire qu'à faire ! Et puis je dois détonner, entourée de tous ces gens élégants. Lisa, ce monde n'est pas fait pour toi ! Voilà ce que ma mère me disait, peut-être avait-elle raison ? " (Lisa)
" Et cette gamine là, avec ses lunettes et... Non ! C'est pas possible c'est... Un appareil dentaire, je ne savais pas que ça se faisait toujours en acier ! C'est une stagiaire ?! Oh et puis, on s'en moque... Bon pour les cartes, il faudra de la simplicité mais beaucoup de classe ! Comme moi... " (Il Sourit légèrement à cette pensée). (David) Frédéric : Pour commencer, je vous souhaite la « bienvenue », chers collaborateurs et chères collaboratrices. Cette journée va marquer un tournant décisif dans l'histoire de notre société. Vous comprendrez sans doute, les sentiments qui m'envahissent à l'idée de quitter Kérima, après toutes ces années d'activité intense et productive, mais nous ne sommes pas réunis aujourd'hui pour nous remémorer nos années passées, mais pour pouvoir aller de l'avant en regardant notre avenir. C'est pourquoi je ne garderai pas la parole trop longtemps, afin que les candidats à ma succession aient suffisamment de temps pour nous présenter leur projet et la politique qu'ils souhaitent mener au sein de l'entreprise.
Richard tendit l'oreille, « les candidats », il ne comprenait pas l'annonce que venait de faire Frédéric, tout comme David.
" Heureusement qu'il quitte Kérima, il commence à devenir gâteux. " (David)
David se leva, il était confiant, Richard écarté, il allait devenir le seul mettre à bord... Il savait parfaitement parler en public, même si son dossier était incomplet, Max avait fait de son mieux pour lui donner des pistes. Il savait déjà que cinquante pour cent des participants seraient avec lui. C'était un séducteur... Un Casanova, Aucune femme ne lui résistait, pas même celles de l'assemblée. Mais, il fallait convaincre son paternel et ça, ce n'était pas une mince affaire. En effet, Frédéric attendait de son fils des chiffres, du concret. Il commença par saluer les participants, il jouait avec son auditoire, redoublant de charme, il discourait. Quand David Seidel parlait de mode, il était vibrant, passionnant. Il savait se montrer convaincant, captivant.
David : Pour la nouvelle collection, il faut innover, les accessoires sont des éléments essentiels dans notre stratégie, ils familiarisent les clients potentiels à notre marque. Nous pourrons ainsi les fidéliser et en même temps conquérir de nouveau marché.
Il donnait l'impression qu'il avait trouvé le vaccin contre la peste ou le choléra. Lisa ne perdait pas une miette de sa présentation, Mariella, Richard et Frédéric non plus.
" C'est donc lui, le fameux « David Seidel »... Ses idées sont merveilleuses, mais il ne s'appuie sur aucun chiffre c'est étrange ! Comment vais-je pouvoir passer après lui ?! Je vais sans doute bégayer... Me ridiculiser devant tout le conseil, devant lui ! " (Lisa)
Richard : Excuse-moi David mais aucun chiffre ne vient prouver que tes idées seront bénéfiques pour la société !
" Non mais ! De quoi se mêle t-il celui là ? Il n'a pas intérêt à intervenir quand je prendrais la parole. " (Lisa)
David : Les chiffres se trouvent résumés dans mon dossier de présentation, mais une « rangée de nombres » ne signifient rien en soit, car tu sais aussi bien que moi qu'ils peuvent être interprétés à la guise de celui qui les utilise.
" C'est ça défends-toi ! ... Mais qu'est-ce que tu racontes ma pauvre fille, concentre toi sur ton dossier. " (Lisa)
David terminait sa présentation sur une touche d'Humour et un dernier sourire charmeur pour faire céder les barrières des dernières « résistantes » féminines.
Les applaudissements raisonnaient déja dans la salle.
" C'est à moi ! Au secours... C'est mon tour ! " (Lisa)
David reprit lentement place dans son fauteuil, tandis que Lisa se levait pour se présenter...
" Je n'ai pas le droit au moindre faux pas ! Avec un peu de chance, je ne serai pas à nouveau victime de ma maladresse... Ohlala... ils me regardent tous et ce David n'a pas l'air très content ! Mon Dieu qu'est-ce que je fais là ?!! Bon, respire et prends la parole... courage Lisa, courage ! Il faudrait peut-être que je commence, sinon ils vont me prendre pour une folle ! " (Lisa)
" Qu'est ce qu'elle me fait la stagiaire... Montre que tu as de la poigne David ! " (David)
David : Qu'est-ce que vous faites ! Vous ne voyez pas que nous sommes en pleine réunion, vous ne pouvez pas décider de partir aux toilettes à la moindre envie.
Lisa : Mais... (Lança Lisa, coupée par Frédéric).
Frédéric : David je te prierais de baisser d'un ton !! Mlle Plenske n'est pas une stagiaire, mais une candidate tout comme toi.
A suivre ... _________________
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